Vendredi 15 janvier 2010
5
15
/01
/Jan
/2010
15:19
Sans hâte, Elle entassait dans l'étroite valise,
Avec précaution, ses plus belles chemises
Aux entre-deux brodés, son châle, ses bas noirs,
Un peu de linge blanc qu'Elle ôtait des tiroirs
De la vieille commode. Avec de petits gestes,
Elle allait et venait pour amasser les restes
D'une pauvre existence et ses mains en tremblant
Caressaient maints objets, qui, du meuble branlant,
Allaient être enfouis dans l'unique bagage :
La photo d'un soldat, celle d'un mariage,
Quelques menus bijoux, un crucifix de bois.
Que de chers souvenirs, reliques d'autrefois.
Vous évoquez malgré votre grande misère
Dans ce coeur tourmenté de la bonne Grand-Mère.
Il me tout quitter, ma chambre et ma maison.
Comme il me semble grand ce petit horizon
Qui se mire en entier dans un coin de la glace,
Souvent pour être heureux, il faut si peu de place !
A votre Loi, Seigneur ! je ne peux qu'obéir,
Pourquoi ne pas m'avoir dans mon lit fait mourir,
J'eusse plus aisément passé sous cette porte ;
Celle qui va sortir sera quand même morte !
Quel est ce glas qui frappe et martèle mes pas ?
C'est mon coeur qui s'arrache et qui ne me suit pas ;
Il veut demeurer là... Même dans la poussière,
Les rayons du passé jetteront leur lumière.
Combien je le comprends ! Il est dur d'oublier,
Adieu, mon pauvre coeur ! Cache-toi pour pleurer !
Dans la rue attendait, dans une automobile,
Son fils... pour emmener << une vieille>>,... à l'asile.
(Ce poème, est la détresse des personnes âgées,
Que leurs enfants cherchent à s'en débarrasser)...
et ma peine est si
Grande....
Chalom SALFATI